12.7.10

Saint Louis, d'après Steven Runciman

"En décembre 1244, Louis IX, roi de France, tomba désespérément malade de malaria. Tandis qu'il était près de mourir, il jura de partir en Croisade s'il se remettait. Sa vie fut épargnée ; sitôt que sa santé le lui permit, il entreprit ses préparatifs. Le roi avait alors trente ans, c'était un homme grand, gracile, blond, à la peau blanche, constamment accablé d'érysipèle et d'anémie ; mais son caractère ne manqua jamais de force. Peu d'êtres humains ont été aussi consciemment et sincèrement vertueux. En tant que roi, il se sentait responsable devant Dieu du bien-être de son peuple ; aucun prélat, pas même le pape, n'était autorisé à s'interposer entre son devoir et lui. Sa mission consistait à assurer un gouvernement juste. Bien qu'il n'eût rien d'un innovateur et respectât scrupuleusement les droits féodaux de ses vassaux, il attendait d'eux qu'ils jouent leur rôle et s'ils y manquaient, amputait leurs prérogatives. Cette sévère dévotion lui valait l'admiration de ses ennemis eux-mêmes ; et elle était encore accrue par sa piété personnelle, son humilité, son austérité spectaculaire. Ses critères d'honneur étaient élevés : il ne rompit jamais un serment. Il se montrait impitoyable envers les malfaiteurs ; et il était dur, même cruel, dans ses rapports avec les hérétiques et l'Infidèle. Ses intimes jugeaient sa conversation pleine de charme et de tendre humour, mais il restait hautain avec ses ministres et ses vassaux ; à l'égard de ses propres enfants, il se montrait un maître despotique. Sa reine, Marguerite de Provence, avait été une enfant fière et gaie, mais il l'avait domptée et obligée à adopter un comportement plus approprié à la femme d'un saint.

En cette époque où la vertu était si souvent admirée, si rarement pratiquée, le roi Louis était très au-dessus de ses pairs."

Steven Runciman, Histoire des Croisades

Merci Mickelaus

Jhesu+Marie,
Brantigny

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