15.6.09

CLAUDE LA COLOMBIÈRE

Claude La Colombière, troisième enfant du notaire Bertrand La Colombière et Marguerite Coindat, naquit le 2 février 1641 à St. Symphorien d'Ozon dans le Dauphiné.

La famille s'étant déplacée à Vienne (France), Claude y fit ses premières études, qu'il compléta ensuite à Lyon jusqu'aux classes de Rhétorique et de Philosophie.

C'est alors qu'il se sentit appelé à la vie religieuse dans la Compagnie de Jésus; mais nous ne connaissons pas les motifs de son choix et de sa décision. Par contre, dans ses écrits, il nous a livré cet aveu: "J'avais une horrible aversion pour la vie que je choisissais". Cette affirmation se comprend facilement pour qui connaît la vie de Claude, dont la nature, sensible au charme des relations familiales et aux amitiés, était portée vers l'art et la littérature et attirée par tout ce qu'il y avait de plus digne dans la vie de société. Mais il n'était pas homme à se laisser guider par le sentiment.

A 17 ans, il entre au Noviciat de la Compagnie de Jésus, installé à Avignon. C'est là qu'en 1660 il passe du Noviciat au Collège pour terminer ses études de philosophie. Il y émet aussi ses premiers voeux de religion. A la fin des cours, il est nommé professeur de Grammaire et de Littérature; tâche qu'il assumera pendant cinq ans dans ce Collège.

En 1666 il est envoyé à Paris pour étudier la Théologie au Collège de Clermont; il reçoit à la même époque une charge de haute responsabilité. Sa compétence notoire pour les études d'humanités, unie à des dons exquis de prudence et de finesse, amènent les Supérieurs à le choisir comme précepteur des fils de Colbert, Ministre des Finances de Louis XIV.

Ses études terminées et ordonné prêtre, il retourne de nouveau à Lyon: il y est professeur pendant quelque temps, et ensuite se consacre entièrement à la prédication et à la direction de la Congrégation Mariale.

La prédication de La Colombière se distingue surtout par sa solidité et sa profondeur; il ne se perdait pas en idées vagues, mais s'adressait avec à propos à un auditoire concret. Son inspiration évangélique avait le pouvoir de transmettre à tous sérénité et confiance en Dieu. La publication de ses sermons produisit dans les âmes, comme elle continue à le faire, de grands résultats spirituels; en effet, si l'on considère l'endroit où ils ont été prononcés et la brièveté de son ministère, ils semblent avoir moins vieilli que les textes d'orateurs plus célèbres.

L'année 1674 est décisive dans la vie de Claude. Il fait son Troisième an de probation à la "Maison Saint-Joseph" de Lyon et au cours du mois traditionnel d'Exercices Spirituels, le Seigneur le prépare à la mission qu'il lui avait destinée. Les notes spirituelles de cette époque nous permettent de suivre pas à pas les luttes et les triomphes de son caractère, singulièrement sensible aux attraits humains, mais aussi généreux envers Dieu.

Il fait le voeu d'observer toutes les Constitutions et les Règles de la Compagnie. Il ne s'agissait pas là comme but essentiel de se lier à une série d'observances minutieuses, mais de reproduire le vivant idéal apostolique décrit par saint Ignace. Puisque cet idéal lui paraissait magnifique, Claude l'adopta comme un programme de sainteté. Cela répondait à une invitation de Jésus Christ lui-même. La preuve en est qu'il fut ensuite pénétré d'un sentiment de libération et d'extension de son horizon apostolique, comme il en témoigne dans son journal spirituel.

Le 2 février 1675 il fait la Profession solennelle et est nommé Recteur du Collège de Paray-le-Monial. Certains s'étonnèrent qu'un homme si éminent fut envoyé dans un endroit aussi retiré que Paray. On en trouve l'explication dans le fait que les Supérieurs savaient qu'au Monastère de la Visitation, une humble religieuse, Marguerite Marie Alacoque, à laquelle le Seigneur révélait les trésors de son Coeur, vivait dans une angoissante incertitude; elle attendait que le Seigneur lui-même accomplisse sa promesse de lui envoyer son "fidèle serviteur et parfait ami", qui l'aurait aidée à réaliser la mission à laquelle il la destinait: manifester au monde les richesses insondables de son amour.

Dès que le P. La Colombière fut arrivé à destination, Marguerite Marie, après l'avoir rencontré plusieurs fois, lui manifesta toute son âme et les communications qu'elle croyait recevoir du Seigneur. Le Père, de son côté, l'approuva entièrement et lui suggéra de mettre par écrit tout ce qu'elle éprouvait dans son âme, l'orientant et l'encourageant dans l'accomplissement de la mission reçue. Lorsqu'il fut certain, à la lumière de la grâce divine manifestée dans la prière et le discernement, que le Christ désirait le culte de son Coeur, il s'y livra sans réserve, comme nous en avons le témoignage dans son engagement et ses notes spirituelles. On y voit clairement, que, déjà avant de recevoir les confidences de Marguerite Marie Alacoque, Claude, en suivant les directives de saint Ignace dans les Exercices Spirituels, était arrivé à contempler le Coeur du Christ comme symbole de son amour.

Après un an et demi de séjour à Paray, en 1676, le P. La Colombière part pour Londres, où il a été nommé prédicateur de la Duchesse d'York. Il s'agissait d'un ministère très délicat, étant donné les événements religieux qui à l'époque agitaient l'Angleterre. Avant la fin d'octobre de la même année, le Père occupait déjà l'appartement qui lui avait été réservé au palais de St. James. En plus des sermons qu'il prononce dans la chapelle et la direction spirituelle, orale et écrite, à laquelle il se livre, Claude peut consacrer du temps à instruire solidement dans la vraie foi plusieurs personnes qui avaient abandonné l'Eglise romaine. Même au coeur des plus grands dangers, il eut la consolation de voir plusieurs conversions, au point d'avouer, après un an: "Je pourrais écrire un livre sur la miséricorde dont Dieu m'a rendu témoin depuis que je suis ici".

Un travail si intense et un climat pernicieux eurent raison de sa santé; des symptômes d'une grave affection pulmonaire commencèrent à se manifester. Cependant Claude continua courageusement son genre de vie.

A la fin de 1678, il fut arrêté a l'improviste sous l'accusation calomnieuse de complot papiste. Après deux jours, on l'enferma dans la sinistre prison de King's Bench, où il resta trois semaines, en proie à de graves privations, jusqu'à ce qu'un décret royal lui signifiât son expulsion de l'Angleterre.
Toutes ses souffrances rendirent encore plus précaire son état de santé, qui, avec des hauts et des bas, ne fit qu'empirer à son retour en France.

Pendant l'été 1681, déjà très gravement atteint, il fut renvoyé à Paray. Et le 15 février 1682, premier dimanche du Carême, à la soirée, il fut pris d'un crachement de sang qui mit fin à ses jours.
Le Pape Pie XI a béatifié Claude La Colombière le 16 juin 1929. Son charisme, aux dires de S. Marguerite Marie Alacoque, fut d'élever les âmes à Dieu, en suivant le chemin de l'amour et de la miséricorde que le Christ nous révèle dans l'Evangile.

English:


CLAUDE LA COLOMBIÈRE, third child of the notary Bertrand La Colombière and Margaret Coindat, was born on 2nd February 1641 at St. Symphorien d'Ozon in the Dauphine, southeastern France. After the family moved to Vienne Claude began his early education there, completing his studies in rhetoric and philosophy in Lyon.

It was during this period that Claude first sensed his vocation to the religious life in the Society of Jesus. We know nothing of the motives which led to this decision. We do know, however, from one of his early notations, that he "had a terrible aversion for the life embraced". This affirmation is not hard to understand by any who are familiar with the life of Claude, for he was very close to his family and friends and much inclined to the arts and literature and an active social life. On the other hand, he was not a person to be led primarily by his sentiments.

At 17 he entered the Jesuit Novitiate at Avignon. In 1660 he moved from the Novitiate to the College, also in Avignon, where he pronounced his first vows and completed his studies in philosophy. Afterwards he was professor of grammar and literature in the same school for another five years.

In 1666 he went to the College of Clermont in Paris for his studies in theology. Already noted for his tact, poise and dedication to the humanities, Claude was assigned by superiors in Paris the additional responsibility of tutoring the children of Louis XIV's Munster of Finance, Jean Baptiste Colbert.

His theological studies concluded and now a priest, Claude returned to Lyon. For a time he was teacher in the College, then full-time preacher and moderator of several Marian congregations.

Claude became noted for solid and serious sermons. They were ably directed at specific audiences and, faithful to their inspiration from the gospel, communicated to his listeners serenity and confidence in God. His published sermons produced and still produce significant spiritual fruits. Given the place and the short duration of his ministry, his sermons are surprisingly fresh in comparison with those of better-known orators.

The year 1674 was a decisive one for Claude, the year of his Third Probation at Maison Saint-Joseph in Lyon. During the customary month of the Exercises the Lord prepared him for the mission for which he had been chosen. His spiritual notes from this period allow one to follow step-by-step the battles and triumphs of the spirit, so extraordinarily attracted to everything human, yet so generous with God.

He took a vow to observe all the constitutions and rules of the Society of Jesus, a vow whose scope was not so much to bind him to a series of minute observances as to reproduce the sharp ideal of an apostle so richly described by St. Ignatius. So magnificent did this ideal seem to Claude that he adopted it as his program of sanctity. That it was indeed an invitation from Christ himself is evidenced by the subsequent feeling of interior liberation Claude experienced, along with the broadened horizons of the apostolate he witnesses to in his spiritual diary.

On 2nd February 1675 he pronounced his solemn profession and was named rector of the College at Paray-le-Monial. Not a few people wondered at this assignment of a talented young Jesuit to such an out-of the-way place as Paray. The explanation seems to be in the superiors' knowledge that there was in Paray an unpretentious religious of the Monastery of the Visitation, Margaret Mary Alacoque, to whom the Lord was revealing the treasures of his Heart, but who was overcome by anguish and uncertainty. She was waiting for the Lord to fulfill his promise and send her "my faithful servant and perfect friend" to help her realize the mission for which he had destined her: that of revealing to the world the unfathomable riches of his love.

After Father Colombière's arrival and her first conversations with him, Margaret Mary opened her spirit to him and told him of the many communications she believed she had received from the Lord. He assured her he accepted their authenticity and urged her to put in writing everything in their regard, and did all he could to orient and support her in carrying out the mission received. When, thanks to prayer and discernment, he became convinced that Christ wanted the spread of the devotion to his Heart, it is clear from Claude's spiritual notes that he pledged himself to this cause without reserve. In these notes it is also clear that, even before he became Margaret Mary's confessor, Claude's fidelity to the directives of St. Ignatius in the Exercises had brought him to the contemplation of the Heart of Christ as symbol of his love.

After a year and half in Paray, in 1676 Father La Colombière left for London. He had been appointed preacher to the Duchess of York - a very difficult and delicate assignment because of the conditions prevailing in England at the time. He took up residence in St. James Palace in October.

In addition to sermons in the palace chapel and unremitting spiritual direction both oral and written, Claude dedicated his time to giving thorough instruction to the many who sought reconciliation with the Church they had abandoned. And even if there were great dangers, he had the consolation of seeing many reconciled to it, so that after a year he said: "I could write a book about the mercy of God I've seen Him exercise since I arrived here!"

The intense pace of his work and the poor climate combined to undermine his health, and evidence of a serious pulmonary disease began to appear. Claude, however, made no changes in his work or life style.

Of a sudden, at the end of 1678, he was calumniously accused and arrested in connection with the Titus Oates "papist plot". After two days he was transferred to the severe King's Bench Prison where he remained for three weeks in extremely poor conditions until his expulsion from England by royal decree. This suffering further weakened Claude's health which, with ups and downs, deteriorated rapidly on his return to France.

During the summer of 1681 he returned to Paray, in very poor condition. On 15th February 1682, the first Sunday of Lent, towards evening Claude suffered the severe hemorrhage which ended his life.

On the 16th of June 1929 Pope Pius XI beatified Claude La Colombière, whose charism, according to St. Margaret Mary Alacoque, was that of bringing souls to God along the gospel way of love and mercy which Christ revealed to us.
Sacré-Cœur de Jésus, priez pour nous.!
Brantigny
www.vatican .va

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