7.8.07

Martyrs chouans et vendéens

Qu'est ce qu'un génocide?

La définition tirée du dictionnaire le petit Robert est la suivante :
destruction méthodique d'un groupe ethnique, et par extension :
extermination d'un groupe important de personnes en peu de temps


Ce qui s'est passé en vendée est il un génocide?

Cette définition correspond parfaitement aux actions menées par la convention à partir du premier août 1793. Aux contradicteurs qui ne manqueront pas de rétorquer que la population de la Vendée militaire ne constituait pas à proprement parler un groupe ethnique, signalons que l'adjudant général Hector Legros considérait en l'an 3 que "le pays que nous appelons Vendée est formé de la presque totalité de la Vendée, de la moitié des Deux Sèvres et de Maine et Loire et d'une grande partie de la Loire Inférieure". (Réf: Mes rêves dans mon exil, BM de la Rochelle, cote 27628 C/13) deux lois furent préparées par Lazare Carnot et votées par la Convention en préparation du « Génocide Vendéen ». Celles du : -1er Août 1793 : « Anéantissement de tous les biens…la Vendée doit être un cimetière national.. »-1er Octobre 1793 : « Extermination totale des habitants.. »

Les militaires présents sur le théâtre d'opération avaient donc défini un groupe de rebelles, brigands ou insurgés dans une zone géographique déterminée.

Ces militaires ne firent qu'exécuter, le plus souvent avec un zèle outrancier doublé par l'appât du gain, les ordres donnés par le pouvoir politique parisien. Lorsque le vent eut tourné et que commença la chasse aux terroristes encore vivants, ils se retranchèrent tous, Turreau en premier, derrière l'obéissance aux ordres en minimisant les exactions commises par principe d'humanité.

Le point de départ du génocide est le décret du premier août 1793 voté sur proposition de Barrère de Vieuzac après un discours incendiaire: " ici, le Comité, d'après votre autorisation, a préparé des mesures qui tendent à exterminer cette race rebelle, à faire disparaître leurs repaires, à incendier leurs forêts, à couper leur récoltes et à les combattre autant par des ouvriers et des pionniers que par des soldats. C'est dans les plaies gangreneuses que la médecine porte le fer et le feu, c'est à Mortagne, à Cholet, à Chemillé que la médecine politique doit employer les mêmes moyens et les mêmes remèdes.

L'humanité ne se plaindra pas; les vieillards, les femmes et les enfants seront traités avec les égards exigés par la nature.

L'humanité ne se plaindra pas; c'est faire son bien que d'extirper le mal; c'est être bienfaisant pour la patrie que de punir les rebelles. Qui pourrait demander grâce pour des parricides.

...Nous vous proposons de décréter les mesures que le comité a prises contre les rebelles de la Vendée; et c'est ainsi que l'autorité nationale, sanctionnant de violentes mesures militaires portera l'effroi dans les repaires de brigands et dans les demeures des royalistes" (Réf, Gazette Nationale ou le Moniteur universel du vendredi 9 août 1793.)

Le décret du premier août 1793 relatif aux mesures à prendre contre les rebelles de la Vendée stipulait dans son
Article 1er : "Le ministre de la guerre donnera sur le champ les ordres nécessaires pour que la garnison de Mayence soit transportée en poste dans la Vendée…

Article VI: il sera envoyé par le ministre de la guerre des matières combustibles de toute espèce pour incendier les bois, les taillis et les genêts.

Article VII: les forêts seront abattues; les repaires des repaires des rebelles seront détruits; les récoltes seront coupées par les compagnies d'ouvriers, pour être portées sur les derrières de l'armée et les bestiaux seront saisis.

Article VIII: les femmes, les enfants et les vieillards seront conduits dans l'intérieur. Il sera pourvu à leur subsistance et à leur sûreté, avec tous les égards dus à l'humanité.

Article XIV: les biens des rebelles de la Vendée sont déclarés appartenir à la république; il en sera distrait une portion pour indemniser les citoyens qui seront demeurés fidèles à la patrie, des pertes qu'ils auraient souffertes. (Réf: L 28-AD85).

Ce décret était un véritable appel au meurtre, au vol institutionnalisé et à la déportation des non combattants.

Ce décret sera suivi par celui du 1er octobre décliné sur le mode du discours de Caton auprès du sénat romain :"delenda Carthago" (il faut détruire Carthage): Détruisez la Vendée, Valenciennes et Condé ne sont plus au pouvoir de l'Autrichien… Enfin chaque coup que vous porterez à la Vendée retentira dans les villes rebelles, dans les départements fédéralistes. La Vendée et encore la Vendée, voilà le charbon politique qui dévore le cœur de la république française; c'est la qu'il faut frapper. (Réf: Moniteur universel du 16 du premier mois de l'an 2, N°280).

Après la prise de Laval le 23 octobre, et la défaite républicaine d'Entrammes, le 26 octobre, un nouveau décret daté du 11ème jour du 2ème mois, portera que "toute ville de la république qui recevra dans son sein les brigands ou qui leur donnera des secours sera punie comme ville rebelle. En conséquence, elle sera rasée et les biens des habitants seront confisqués au profit de la république". (Réf: L 31-AD85).

Les mesures préconisées furent appliquées à la lettre par les représentants en mission auprès des armées et dans les départements.

Dès l'offensive du 14 septembre 1793 le représentant Fayau fait incendier Cheffois et Réaumur, confisque les bestiaux dans toutes les borderies et métairies rencontrées sur son passage. Les troupes pillent, violent volent et brûlent ce qui ne peut pas être emporté. (Réf Correspondance de l'agent national Coyaud, L 203-AD85).

Le 9 frimaire an 2 (29 novembre), le représentant Fayau écrit aux administrateurs du département de la Vendée :" Vous savez comme moi citoyens que les brigands appelés de la Vendée existent encore quoique on les aie tués plusieurs fois à la tribune de la Convention…Je vous engage à prendre les mesures les plus promptes et les plus énergiques pour que les armées catholiques et royales dans le cas ou elles rentreraient dans la Vendée n'y trouvent plus qu'un désert…Il serait bon, citoyens, que des commissaires nommés par vous se transportassent de suite dans toutes les parties de votre département pour en faire retirer toutes les subsistances et pour faire arrêter tous les citoyens qui ont pris part directement ou indirectement aux troubles de la Vendée. Il faut purger la Patrie…"(Réf L 380-AD85).

Le représentant Francastel n'est pas en reste. Le 25 décembre 1793, il écrit au Comité de Salut Public : "Je fais débarrasser les prison de tous les infâmes fanatiques qui s'étaient échappés de l'armée catholique. Pas de mollesse, que le torrent révolutionnaire entraîne tout ce qui lui résiste scandaleusement. Purgeons, saignons jusqu'au blanc. Il ne faut pas qu'il reste aucun germe de rébellion…" (Réf fonds Uzureau, 2F14 37-AD49).

Lequinio, représentant du peuple dans la Charente et la Charente inférieure est encore plus explicite dans sa lettre du 8 ventôse an 2 (26 février 1794) : "Je crois que par séduction, argent, violence ou autrement, on avait pu s'emparer des chefs, il serait possible de n'exterminer que les étrangers, car quoique l'on puisse en croire, ce sont les hommes du pays même qui sont le moins dangereux; ils seraient réduits à l'instant s'ils s'étaient laissée à eux mêmes; mais ce sont les prêtres, les nobles, les étrangers et les déserteurs mêlés au milieu de nous qui rendent leur réduction impossible. Il faut donc nécessairement les égorger tous. C'est le parti que facilite l'arrêté que mes collègues Garrau,


Hentz et Francastel viennent de prendre, en faisant retirer dans l'intérieur de la république tous les réfugiés de ce pays, réduits au désespoir, ainsi que le sont les habitants de se pays pervertis par les scélérats étrangers qui sont au milieu d'eux et qu'il n'eut pas été possible d'en séparer.

Il est impossible maintenant qu'on use envers eux des moyens que l'on pouvait employer autrefois de concert avec la poursuite des étrangers. Il faut donc se décider à tout massacrer… Réf Archives Nationales AA 53. Le décret du 2 ventôse an 2 (20 février 1794) ordonnait la déportation des innocents et des bons citoyens de manière à ne laisser plus dans les pays révoltés que les rebelles que l'on pourra plus aisément détruire". (Réf lettre de Hentz et Francastel du 7 ventôse an 2, L 475-AD35) C'est ainsi, qu'au mépris de la déclaration des droits de l'homme du 26 août 1789, la convention opéra en Vendée militaire sa politique d'extermination et de génocide.

Vive la Vendée! Jhesu+Marie
de Brantigny

No comments: